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En pratique

Greffe réparatrice et reconstructrice

Traiter les alopécies cicatricielles consécutives à une brûlure, un accident, une chirurgie ou une greffe antérieure mal réalisée.

Les blessures à la tête peuvent toucher le cuir chevelu, les sourcils, la barbe et détruire les follicules qui s'y trouvent. Les zones blessées peuvent donc être dépourvues de cheveux ou de poils après la cicatrisation : on parle alors d'alopécie cicatricielle.

Un cas, en trois temps

Une greffe sur cicatrice ne se juge pas sur une seule photographie. Voici l'état initial, le tracé pré-opératoire et le résultat, chez le même patient.

Brûlé à sept ans, sur quatre-vingts pour cent du cuir chevelu

Brûlure du troisième degré à l'âge de sept ans, sur quatre-vingts pour cent du cuir chevelu. Adolescent au moment de la prise en charge. Trois interventions, espacées de huit mois chacune, pour un total de 5 200 greffons. Une faible dose de minoxidil oral a été maintenue tout au long, pour la vascularisation du tissu cicatriciel.

Avant
AvantLe tissu cicatriciel occupe la ligne frontale et le midscalp. Les follicules y ont été détruits : rien n'y repousse seul.
Le tracé
Le tracéLe dessin pré-opératoire, au marqueur, avant la deuxième intervention. On distingue les greffons déjà implantés, en pointillé sombre, contre les plages de cicatrice.
Après
AprèsAprès les trois interventions. Les cheveux poussent au travers de la cicatrice, et une ligne frontale existe de nouveau.

Patient du cabinet. Photographies recadrées au-dessus de la ligne des sourcils.

Les cas traités

Alopécie cicatricielle : les origines les plus fréquentes

Chaque cicatrice est différente. L'examen préopératoire détermine la faisabilité, la densité atteignable et le nombre de séances nécessaires.

Brûlures thermiques

Exposition directe au feu ou contact avec des substances chaudes.

  • Flammes et explosions
  • Métal, eau ou liquides bouillants
  • Cicatrices profondes et étendues du cuir chevelu

Brûlures chimiques et par irradiation

Causées par l'exposition de la peau à des substances corrosives ou à un rayonnement.

  • Acides et solutions nettoyantes
  • Rayonnement X ou gamma
  • Séquelles de radiothérapie

Accidents et traumatismes

Parmi les blessures les plus courantes touchant le cuir chevelu et la pilosité du visage.

  • Accidents automobiles : tôle froissée, verre des vitrages
  • Blessures sportives et accidents industriels
  • Violences physiques
  • Blessures de l'enfance dont les cicatrices persistent à vie

Séquelles chirurgicales

La chirurgie, notamment la neurochirurgie, peut nécessiter une voie d'accès par le crâne, ce qui peut endommager les follicules de cheveux et laisser des cicatrices.

  • Voies d'abord neurochirurgicales
  • Cicatrice linéaire d'une FUT antérieure
  • Zones donneuses abîmées par une greffe précédente

Alopécies de traction

Provoquées par une tension mécanique répétée sur les racines.

  • Lissages, tresses africaines, permanentes
  • Queue de cheval trop serrée
  • Épilation répétée des sourcils

Contre-indications

Les maladies inflammatoires chroniques du cuir chevelu peuvent causer une alopécie cicatricielle. Il est déconseillé de pratiquer une greffe de cheveux tant que ce type de pathologie est active.

  • Lupus érythémateux
  • Sclérodermie localisée
  • Lichen plan

Reconstruction capillaire : est-ce une option viable pour les zones pileuses cicatrisées ?

Lorsqu'une brûlure, un trauma ou une opération détruit les follicules de cheveux ou pileux d'une zone donnée, les cheveux ou poils n'y repoussent pas. Lorsqu'une cicatrice au niveau de la tête est de petite taille, il est parfois possible de la dissimuler en coiffant les cheveux à cet effet. Cependant, la taille et l'emplacement de certaines cicatrices peuvent les rendre impossibles à cacher.

Dans la majorité des cas, la greffe de cheveux FUE est une option efficace pour traiter les zones pileuses cicatrisées et dégarnies à la suite d'un accident. Un examen minutieux de la zone à traiter et des facteurs qui pèsent sur la faisabilité permet d'obtenir de très bons résultats.

Ce qu'il faut savoir

Les chances de réussite sont plus faibles

Sur un cuir chevelu sain, un greffon correctement prélevé et posé repousse dans neuf cas sur dix. C'est le chiffre habituel d'une greffe ordinaire, et c'est celui que tout le monde annonce.

Sur une cicatrice, ce n'est plus vrai. Les séries publiées situent la repousse entre six et huit greffons sur dix selon la nature de la cicatrice, et le chiffre descend plus bas encore sur les brûlures profondes, où la peau est la moins vascularisée. Une clinique qui vous annonce les mêmes chances que sur un cuir chevelu normal ne dit pas la vérité.

La raison est simple : un greffon est un organe vivant qui doit être nourri dans les heures qui suivent sa pose. Une cicatrice, c'est du collagène là où il y avait un réseau de vaisseaux. Moins de sang veut dire moins de greffons qui prennent.

Cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas opérer. Cela veut dire que l'objectif change. On ne cherche pas à retrouver une densité normale : on cherche à ce que la cicatrice ne se voie plus. C'est un objectif atteignable, et souvent atteint, à condition d'être annoncé pour ce qu'il est.

L'examen

Les facteurs qui déterminent la faisabilité

Ils s'apprécient tous avant l'intervention, et c'est leur combinaison qui décide, jamais un seul d'entre eux.

La vascularisation de la zone

C'est le facteur qui pèse le plus lourd. Les follicules ont besoin d'un apport sanguin pour survivre à la transplantation, et la blessure a pu détruire ce réseau. On juge la couleur de la peau, sa chaleur, son saignement à la piqûre d'essai.

L'épaisseur et la souplesse de la peau

Une cicatrice hypertrophique, épaisse et dure, éloigne les greffons des vaisseaux qui doivent les nourrir. Une cicatrice atrophique, trop fine, ne les loge pas correctement. Entre les deux, une peau redevenue souple est le meilleur signe.

La maturité de la cicatrice

Une cicatrice continue d'évoluer pendant environ un an : elle se rétracte, change de couleur, s'assouplit. Opérer avant cette maturation revient à poser des greffons dans un terrain qui va encore bouger. L'attente fait partie du traitement.

L'état de la zone donneuse

Une reprise après une greffe ratée arrive souvent avec une zone donneuse déjà entamée. Le capital disponible commande alors la surface qu'il est raisonnable de couvrir, et impose parfois de traiter en priorité la zone la plus visible.

Le tabac

Il resserre les vaisseaux, précisément là où ils manquent déjà. Sur une greffe ordinaire, son effet reste discret ; sur une cicatrice, il peut faire la différence entre une bonne prise et un échec. L'arrêt est demandé avant et après l'intervention.

Les maladies inflammatoires actives

Lupus érythémateux, sclérodermie localisée, lichen plan. Tant que la maladie est active, la greffe est contre-indiquée : les greffons seraient détruits comme les follicules d'origine, et l'intervention peut réveiller la maladie.

La méthode

Comment nous compensons ces limites

Une greffe d'essai avant la grande séance

Sur une cicatrice dont la vascularisation est douteuse, quelques dizaines de greffons sont posés d'abord, et jugés à trois ou quatre mois. Ce que l'on observe alors vaut mieux que tous les pronostics : si la prise est bonne, l'intervention complète se fait en confiance ; si elle est mauvaise, on n'a pas dépensé le capital pour rien.

Une densité volontairement modérée

Implanter serré sur une peau mal irriguée, c'est faire se concurrencer les greffons pour un sang qui manque, et les perdre tous. On implante donc moins dense qu'ailleurs. L'œil, lui, ne compte pas les cheveux : une couverture partielle bien répartie suffit à faire disparaître une cicatrice.

Deux séances plutôt qu'une

La seconde séance, un an après la première, densifie ce qui a pris et complète ce qui manque. Elle bénéficie aussi d'un terrain amélioré : les greffons de la première séance ont amené avec eux un peu de vascularisation.

Ce que la greffe ne fait pas

Elle ne supprime pas la cicatrice. La peau reste ce qu'elle est, avec sa couleur et son relief. Ce sont les cheveux qui la couvrent. Sur une cicatrice large et très en relief, un geste de chirurgie plastique peut devoir précéder la greffe.

Résultats

Cas de reconstruction et de correction

Y compris des reprises de greffes antérieures et des zones donneuses très abîmées.

Avant et après réunis sur une même image.

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