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9 septembre 2026

Les molécules à l'étude contre la calvitie : où en est-on vraiment

Trois molécules occupent la recherche sur l'alopécie androgénétique : PP405, GT20029 et le pyrilutamide. Ce qu'elles promettent, ce qu'elles ont démontré, et pourquoi aucune n'est disponible aujourd'hui.

Recherche sur les traitements de l'alopécie androgénétique

Deux médicaments seulement disposent d'une autorisation dans l'alopécie androgénétique : le minoxidil et le finastéride. Le premier date de 1988, le second de 1997. Depuis, la recherche a produit beaucoup d'annonces et peu d'autorisations. Trois molécules sortent aujourd'hui du lot, parce qu'elles ont franchi le stade des essais sur l'homme et publié des résultats chiffrés.

Cet article dit où elles en sont, et surtout ce qu'elles n'ont pas encore démontré. Aucune n'est prescriptible. Aucune ne sera proposée à la clinique avant son autorisation.

PP405 : réveiller les follicules endormis

C'est la molécule dont on parle le plus, et la plus différente des deux traitements existants. Le minoxidil agit sur la vascularisation, le finastéride sur l'hormone. PP405 vise autre chose : les cellules souches du follicule, qui restent présentes dans un cuir chevelu chauve mais cessent de produire du cheveu. La molécule cherche à relancer leur activité en agissant sur leur métabolisme.

L'essai de phase 2a a porté sur 78 participants, qui ont appliqué quotidiennement une solution à 0,05 % ou un placebo pendant quatre semaines. Chez les hommes à calvitie avancée, 31 % ont gagné plus de 20 % de densité à la huitième semaine, contre aucun dans le groupe placebo. Les cheveux obtenus étaient des cheveux terminaux, épais et visibles, dans des zones qui n'en portaient plus.

Deux points méritent d'être soulignés. Le premier est que l'étude n'a pas mis en évidence d'absorption systémique : la molécule reste où on l'applique, ce qui écarte a priori les effets généraux reprochés au finastéride. Le second est la durée : quatre semaines d'application, huit semaines d'observation. C'est court. Personne ne sait aujourd'hui ce que donne PP405 sur un an, ni ce qu'il advient des cheveux obtenus à l'arrêt du traitement.

GT20029 : détruire le récepteur plutôt que bloquer l'hormone

GT20029 emprunte une voie inhabituelle, dite PROTAC. Plutôt que de bloquer le récepteur aux androgènes, la molécule le marque pour que la cellule le dégrade elle-même. Le récepteur n'est pas neutralisé, il disparaît.

Un essai de phase 2 mené en Chine sur 180 hommes rapporte un gain de 16,8 cheveux par centimètre carré avec la dose quotidienne à 0,5 %, sans signal de tolérance inquiétant. La molécule est passée en phase 3.

L'intérêt de la voie topique est le même que pour le pyrilutamide ci-dessous : agir sur le cuir chevelu sans faire baisser les androgènes dans tout l'organisme, donc sans les effets sexuels qui font renoncer une partie des patients au finastéride.

Pyrilutamide : un anti-androgène qui reste sur place

Le pyrilutamide, aussi appelé KX-826, est un anti-androgène non stéroïdien conçu pour agir localement. Son absorption systémique est faible, les concentrations plasmatiques restent basses et le produit ne s'accumule pas, ce qui rend improbables les effets généraux.

Il est lui aussi en phase 3. Comme pour GT20029, la question qui décidera de son avenir n'est pas l'efficacité, déjà mesurée, mais la marge entre l'effet obtenu sur le cuir chevelu et l'effet obtenu ailleurs.

Ce qu'il faut en retenir aujourd'hui

Ces trois molécules sont réelles, leurs essais aussi, et leurs résultats sont publiés. Elles pourraient arriver en Europe entre 2028 et 2030 si les phases 3 confirment les phases 2, ce qui n'est jamais acquis : la moitié des molécules qui entrent en phase 3 n'en sortent pas.

Aucune d'elles ne change ce qu'il faut faire en 2026. Un patient qui perd ses cheveux aujourd'hui n'a pas intérêt à attendre 2029 : un follicule disparu ne se réveille pas, et les molécules à l'étude travaillent toutes sur des follicules encore vivants. Le minoxidil et le finastéride, malgré leur âge, restent les deux traitements dont on connaît le comportement à dix ans.

Il faut se méfier, enfin, des produits vendus en ligne sous ces noms. Aucune de ces trois molécules n'est commercialisée. Ce qui circule est soit un produit de recherche détourné, soit autre chose.

Sources

  • Pelage Pharmaceuticals, résultats de phase 2a de PP405, présentés à l'American Academy of Dermatology, 2026.
  • Essai de phase 2 de GT20029, 180 participants, Chine.
  • Kintor Pharmaceutical, données de pharmacocinétique du pyrilutamide (KX-826).
  • Registre des essais cliniques, NCT06692465.

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